dimanche 24 septembre 2023

LES CHOUANS A SAINT REMY

 LES CHOUANS A SAINT REMY

En l’An V, l’agent municipal de Saint Rémy sur Orne, Pierre Huart, demeurant dans cette commune, au village des Bassets. Le 9 mars 1797, à une heure du matin, six ou sept brigands, vêtus en soldats et bien armés arrivent auprès de sa maison. Ils crient à plusieurs reprises : « Sacré bougre de Huart, ouvre ta porte». Il se lève et après avoir regardé par la croisée, il répond qu’il n’ouvrira pas. Les brigands crient de nouveau : «Ouvre ta porte, on ne te fera pas de mal». Pas de réponse, alors le malheureux voit que les assaillants prennent une pièce de bois de cinq pieds de long. Bientôt, la première porte est enfoncée et, comme le dit le procès -verbal, ils montent «amont»l’escalier. Arrivés devant la chambre, ils crient : «De la chandelle, sacré bougre» et se servent de nouveau de la poutre. Là-dessus, Huard se saisit de ses armes, il fait passer le canon par une petite visière donnant dans l’escalier, mais, il n’a pas de chance, son fusil rate plusieurs fois. Alors il tire avec ses pistolets : au second coup, un chouan tombe blessé. Les autres effrayés descendent et vont demander à boire chez un voisin, puis deux d’entre eux reviennent avec un tison enflammé, gros comme le bras, et vont mettre le feu à un appentis derrière la maison en criant : «Il va bien être obligé de sortir, le sale bougre».
Cette fois, les voisins arrivent pour porter secours et les malfaiteurs prennent la fuite. Huart peut enfin descendre avec sa femme, sa fille et sa servante, mais c’est pour voir sa maison bientôt réduite en cendres.
Un des assaillants n’avait pas été manqué, il était resté sur le carreau. Quand le médecin, Jean-Jacques Bottet, vint visiter le cadavre, on trouva sur lui, dans un portefeuille, une pièce qui permit de connaître son état civil. C’était la soumission aux lois d’un tisserand de Flers, âgé alors de 18 ans et demi, nommé Pierre Dupont. Le 22 Messidor An IV, il avait remis ses armes à Briouze (Orne), mais, comme on le voit, il trouva le moyen de s’en procurer d’autres dont l’usage devait lui être funeste.


A TRAVERS LE PASSE DU CALVADOS. G. LESAGE. 1936. BIGOT LIBRAIRIE. CAEN.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire