dimanche 24 septembre 2023

DU MEME AUTEUR

 

DU MEME AUTEUR

PONT ERAMBOURG DE LA REVOLUTION A NOS JOURS
EDITIONS CHARLES CORLET. 1981.

UN VILLAGE DU BOCAGE : St DENIS DE MERE
L'ECHO DE LA SUISSE NORMANDE. 1986.

CLECY, CAPITALE DE LA SUISSE NORMANDE
EDITIONS CHARLES CORLET. 1988.

BALADES EN CALVAD'ORNE. (français/anglais)
L'ORNE COMBATTANTE. 1993-94.

VELODRAME
DERAILLEURS DERNIERES. DECEMBRE 1995. CAEN.

MONDEVILLE : LE QUARTIER CHARLOTTE CORDAY AU FIL DU TEMPS
EDITIONS LA PLANCHE A L’ANE. 1995. REEDITION EN 1999.

LE PERE NOEL ET LE LOUP. (conte)
OUEST-FRANCE. 24/12/96.

SUR LES TRACES DE TES ANCETRES
EDITIONS LA PLANCHE A L'ANE. T1 : 1995. T2 : 1997.

LE CYCLACTEUR
VELOCITE. N°43. SEPTEMBRE 1997. STRASBOURG.

CAEN : PROMENADE A LA PIERRE HEUZE
CO-AUTEUR. EDITIONS LA PIERRE QUI CHANTE. 1998.

MONDEVILLE SOUS LES COUVERTURES
EDITIONS LA PLANCHE A L'ANE. 1999.

HISTORIQUE DE MONDEVILLE
BULLETIN MUNICIPAL. DECEMBRE 1999. N°71.

EN FLANANT A CAHAN
EDITIONS LA PLANCHE A L’ANE. 2000

LE QUARTIER CH.CORDAY AU FIL DU TEMPS (MONDEVILLE)
BULLETINS MUNICIPAUX. OCTOBRE 2001. N°74 et DECEMBRE 2001. N°75.

LES JARDINS SECRETS DU MARAIS (MONDEVILLE)
EDITIONS LA PLANCHE A L’ANE/ MAIRIE DE MONDEVILLE. 2005.

SITES WEB :
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PONT EREMBOURG,VILLAGE FRONTIERE
http://monsite.orange.fr/ponterembourg
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MONDEVILLE / MEMOIRES DU QUARTIER CH. CORDAY
http://monsite.orange.fr/histoire-ch.corday
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CAHAN, UN VILLAGE DU BOCAGE NORMAND
http://monsite.orange.fr/cahan
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AU FIL DU NOIREAU
http://monsite.orange.fr/aufildunoireau

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BLOGS :
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MONDEVILLE, ECRIN DE LA MEMOIRE OUVRIERE
http://marais-mondeville.over-blog.com
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RASED DU CHEMIN VERT
http://www.etab.ac-caen.fr/blogedu/rasedcheminvert/
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ESCAPADE A CLECY
http://20six.fr/ph-denis/
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SAINT DENIS DE MERE : Par monts et par vaux
http://denis.ultim-blog.com
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ENTRE TERRE ET EAU: LE MARAIS DU BIEZ A MONDEVILLE
http://mondeville-marais.oldiblog.com
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MONDEVILLE : DU VILLAGE A LA VILLE
http://marais-mondeville.over-blog.com/

PASSE A L'ETAT PUR N°4

    EVENEMENTS REMOIS 


XXème siècle

1905 : Installation du réseau téléphonique.
1907 : Chômage à la mine.
1910 : Fermeture de la carrière du Pont de la Mousse.
1911 : 900 habitants
1914 : Les mineurs représente 39,6% de la population. Fermeture de la filature Froger-Gosselin. Maintien de la fabrication de pansements.
1915 : Construction des premières cités.
1921-1937 : Construction de 5 fours à griller.
1922 : La mine emploie 320 ouvriers.
1925-1930 : Construction de 6 cités ouvrières, des maisons de cadres, d’une cantine et de la maison du garde et de celle de l’ingénieur.
1931-1932 : Eboulements en surface.
1932 : M. Gourdeau , ministre du Tourisme sous la IIIème République crée le néologisme «La Suisse Normande»
1935 : Création d’une garderie destinée aux enfants de mineurs.
1936 : Avant cette date, les mineurs travaillaient 54h/semaine.
1937 : Production de la mine 283 000 tonnes.
1954 : Nombre d’habitants 1141.
1956 : 245 mineurs
1959 : St Rémy est alimentée en eau potable par 87 puits.
1960 : 231 mineurs
1961 : Début du reclassement du personnel de la mine.
1966 : Le gisement d’hématite est épuisé.
1968 : Fermeture de la mine . Vente du patrimoine immobilier de la Société minière.
1972 : Construction d’une cité pavillonnaire.
1988 : Le lotissement du Bicentenaire est achevé.
1990 : Début des travaux d’aménagement de l’écomusée.
1993 : Ouverture de la Maison des Ressources Géologiques de Normandie.
1999 : 1073 habitants.

XXIème siècle

2003 : 10ème anniversaire de la création du musée des Fosses d’Enfer.
2008 : 40 ans seront écoulés depuis la fermeture de la mine.

PASSE A L'ETAT PUR N°3

 EVENEMENTS REMOIS 


 XVIIème siècle

Ouverture de la carrière de schistes gréseux au Pont de la Mousse.
1626 : Epidémie de peste dans le Bocage. 400 personnes en meurent
1628 : Le fief de St Rémy est cédé à Nicolas de Croisilles.
1650-1660 :Quelques familles rémoises s’installent au Québec.
1693 : 262 habitants
1695 : Restauration de l’autel de l’église.

XVIIIème siècle

1709 : 122 feux (foyers)
1712 : 135 feux
1786 : Inauguration de la route Caen-Laval.

XIXème siècle

1848 : Projet de construction d’une école communale pour filles.
1851 : On dénombre 669 habitants.
1856 : 626 habitants
1861 : 603 habitants.
1865 : Construction de la filature de coton Froger-Gosselin.
1868 : Ajout d’une tribune à l’intérieur de l’église.
1872 : Ouverture de la ligne de chemin de fer Caen-Laval.
1873 : Construction du pont de la Serverie
1875 : Henri de Croisilles réouvre la mine.
1875-1968 : 25 mineurs sont morts accidentellement.
1876 : 661 habitants
1880 : Production de la mine : 40 000 tonnes.
1885-90 : Une fabrique de pansements est annexée à la filature.
1890 : Construction d’un tunnel (mine)
1892 : Construction de la maison du directeur.
1895 : Achat d’une locomotive (mine). Le chœur de l’église est décoré par Chiffley.
1896 : Henri de Croisilles, propriétaire de la mine et maire de St Rémy meurt.

PASSE A L'ETAT PUR N°2

 EVENEMENTS REMOIS  


XIIIème siècle

Vers 1200 : Le seigneur de St Rémy s’appelle Robert de St Rémy.


XIVème siècle

1346 : La guerre de Cent Ans éclate. La région est occupée de manière discontinue.


XVème siècle

1400-1416 : La mine de Beaumont est mentionnée sur deux fragments d’un parchemin.
1417-1459 : Aucun document n’atteste l’exploitation de la mine de Beaumont
1449 : Charles VII chasse les Anglais qui occupaient la région depuis 33 ans.

1460-1476 : L’exploitation du minerai de fer est attestée.
1471 : Existence attestée d’un bac à St Rémy.

XVIème siècle


1522 : Depuis cette date, trente curés se sont succédés à St Rémy.
1545 : François 1er fait don du fief de St Rémy à Nicolas de Vassy.
1552 : St Rémy se compose de 14 «villages».

PASSE A L'ETAT PUR N°1

 

PASSE A L'ETAT PUR
EVENEMENTS REMOIS

ANTIQUITE

Filon à fleur de terre exploité par les Romains.

V-VIII ème siècles

Les terres défrichées gagnent timidement sur la forêt de chênes et de hêtres.

X-Xème siècles

Des snekkjas légères remontent l’Orne. Les églises et les fermes isolées sont souvent la cible des raids.
Les moulins “banaux” deviennent propriétés exclusives des seigneurs.

XIème siècle

Les vikings (Danois, Suédois et Norvégiens) s’implantent progressivement dans la région mais la population d’origine (Gaëls, Krimris et Celtes) restera toujours majoritaire.
Construction des premiers moulins à foulon dans la région.
1070 : St Rémy est mentionnée dans la Charte de dotation de l’Abbaye de Fontenay.
Edification de l’église.


XIIème siècle

1150 : Invasion anglaise.
1152 : Le seigneur de St Rémy se nomme Richard de St Rémy.

LES CITES

 LES CITES

A partir de 1915, la construction des cités, corons à la Normande est fondamentale et elle est la concrétisation de la politique des dirigeants de la Société minière de l’époque. La cité ouvrière est l’expression du paternalisme la plus visible. Le but recherché était à la fois d’attirer la main d’œuvre, de la fixer de l’avoir à disposition et de la mettre en état de dépendance.
Il est à noter un contraste entre les maisons confortables des cadres (employés, ingénieur, directeur) et les logements exigus des ouvriers. Plus on monte dans dans la hiérarchie, plus les logements sont spacieux et confortables. La différence de la surface habitable est loin d’être négligeable : trois ou quatre pièces (respectivement 50 et 65 m2) dans les cités, cinq (80 m2) pour les cadres* et une douzaine dans la demeure directoriale (200 m2).


* Le logement de l’ingénieur a une superficie de 100 m2

LE STEGOSAURE

 LE STEGOSAURE

Emblème de l'ex-musée des Fosses d’Enfer, ce placide dinosaure herbivore a été réalisé par des élèves du Lycée professionnel de Flers de l’Orne au début des années 90.

FILATURE FROGER-GOSSELIN

 FILATURE FROGER-GOSSELIN

Cette filature fut construite en 1865 par la famille Froger. En 1885-90, une fabrique de pansements pharmaceutiques fut annexée à la manufacture. En 1914, l’activité textile cessera. En revanche, l’entreprise spécialisée dans la fabrication produits ouatés poursuivra son activité jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, COTOMED emploie 38 salariés.
Dans l’enceinte de l’usine, niché dans un petit parc à l’anglaise, se cache un charmant manoir de style néo-normand.

TERRITOIRE DE LA MEMOIRE N°2

 L’EGLISE SAINT REMY

Perchée sur une crête, cet édifice religieux a été édifié au XIème. Le clocher date du XIIème siècle. Les fonts baptismaux (XVIIème s) proviennent de l’église désaffectée de l’ancienne commune de la Mousse. Le tabernacle date également du XVIIème siècle. L’autel réalisé par le falaisien Chauvel de Cantepie a été restauré en 1695. Enfin, le retable est du XIXème siècle.

LA CHAPELLE NOTRE DAME

Cette chapelle était initialement une salle paroissiale. Elle fut convertie en lieu de culte en 1967 par un curé bâtisseur, le Père Renouf. L’intérieur a une coloration locale : un wagon a été métamorphosé en autel et une croix a été réalisée avec des pics de mineurs.

TERRITOIRE DE LA MEMOIRE N°1

 

TERRITOIRE DE LA MEMOIRE
LE CHÂTEAU DE LA MARROISIERE

Bâtie au sommet d’une éminence, cette vaste demeure des champs semble surveiller l’entrée de St Rémy. Elle fut construite au XVIIème siècle. Sa façade est dotée d’un cadran solaire en calcaire. Celui-ci porte l’inscription 1664. Durant plusieurs décennies, cette maison de maître eut pour propriétaire la famille de Longueville.
A quelques pas de ce manoir, jadis, il existait un petit château.

TRAITE CONVENTIONNEL CONSENTI ENTRE PATRONS ET OUVRIERS DE LA MINE DE SAINT REMY, LE 14 MAI 1909

 TRAITE CONVENTIONNEL

CONSENTI ENTRE PATRONS ET OUVRIERS

DE LA MINE DE SAINT REMY, LE 14 MAI 1909

Entre les sous-signés


La Société civile des mines de fer de Saint Rémy représentée par son administrateur délégué, M. Henry Gréard, d’une part; et messieurs les délégués des ouvriers mineurs de Saint Rémy; d’autre part : et en présence de M. Le sous-Préfet de Falaise. Il a été convenu et arrêté ce qui suit :
Aujourd’hui quatre Mai pour avoir effet du premier Mai courant.

Article premier
La journée des manœuvres de toutes sortes ne sera pas inférieure à quatre francs. Il est convenu que tout manœuvre passera en chantier comme mineur à tour de rôle par date d’entrée. Il ne sera embauché aucun passager comme mineur sans avoir accompli un stage de manœuvre : exception faite pour les hommes qui auraient déjà travaillé au compte de la compagnie, tel les soldats rentrant du régiment ou ouvriers venant d’une autre mine appartenant à la Société des Mines de Saint Rémy.
Article 2
Le salaire minimum du mineur sera de quatre francs cinquante. Le manœuvre remplaçant dans un chantier sera payé quatre francs vingt cinq lorsque la journée ne sortira pas au dessus de quatre francs cinquante. Les deux mineurs d’un même chantier seront payés sans distinction à journée égale, quatre francs cinquante. Lorsque le travail ne sortira pas un prix plus élevé.
Article 3
Toutes les réclamations seront exposées au sous-ingénieur ou chef -mineur. Il les transmettre au directeur qui statuera souverainement.
Article 4
Les amendes ne pourront en aucun cas dépasser la somme de un franc. Les supérieurs devront écouter les explications de l’ouvrier, sans influer de leur autorité sur celui-ci.
Article 5
Il ne sera prononcé aucun renvoi d’ouvriers sans motif valable. Tout renvoi devra faire l’objet d’un rapport écrit avec les observations des diverses autorités qui auront connu de l’affaire. Notification de la décision sera faite à l’intéressé par l’ingénieur de la mine et communication sur place des rapports lui sera donnée . Les rapports seront conservés dans les archives de la Société.
Article 6
Tout ouvrier mineur ne pouvant arriver, au bout de trois mois, par un travail soutenu, à un salaire supérieur à quatre francs cinquante devra, après examen du chantier par le directeur et s’il y a lieu, recevoir une augmentation de prix. Le directeur aura à apprécier la dureté du minerai et la difficulté de manœuvre parfois supplémentaire.
Article 7
Ni les chefs, ni les ouvriers, ne devront échanger de paroles insolentes, les uns à l’égard des autres dans leurs discussions et rapports. Toute insolence sera susceptible d’être punie par les directeurs.
Article 8
Les ouvriers s’engagent à ne pas manquer au travail sans motifs plausibles, ni sans autorisation, afin d’assurer la marche régulière de l’exploitation. En cas de récidive rapprochée, l’amende pour absence non justifiée pourra être portée de un franc à deux francs par le directeur, à moins que celui-ci ne juge une autre peine indispensable et méritée.
Article 9
Aucune grève ne sera déclarée sans préavis des réclamations et revendications des ouvriers donné au directeur plusieurs jours à l’avance par les délégués. Ces réclamations et revendications seront toujours présentées par écrit et transmises à l’administration par le directeur. Elles devront être examinées dans le plus bref délai. C’est dans le cas seulement ou l’affaire soumise à l’administration ne sera pas solutionnée dans le sens d’une entente que les ouvriers se verraient obligés de cesser le travail.
Article 10
Comme il a été pratiqué les années précédentes en cas de difficultés d’expéditions, ou pour toute autre raison nous emploirons le chômage.
Article 11
Aucune réduction de prix ne sera faite sur un travail fini.

Fait double à Saint Rémy le 4 Mai 1909.
M. Lavedrine a déclaré à M. Le Sous Préfet qu’il ne reprendrait pas d’emploi à la mine de Saint Rémy. La direction de la mine prend acte de cette déclaration.

Saint Rémy, le 4 Mai 1909

L’administrateur délégué : Les délégués, mineurs :
Henry Gréard Vasnier Constant, Langevin. V, Jorio André
Mullois Victor, Buot A, Rocher Emile, Bouvet Albert, Huard Alfred,
Hardy Isidore, Louis Daniel, Lemarchand Albert, Arthur Eugène.

SAINT REMY SUR ORNE AU XIXème SIECLE

 SAINT REMY SUR ORNE AU XIXème SIECLE

La commune de Saint Rémy est bornée par celles de Caumont et de St Martin de Sallen au nord au midi par celle de Clécy à l’est par le Vey et St Omer et à l’ouest par Culey et St Lambert. Elle renferme une population de 595 habitants presque tous occupés à l’agriculture, au tissage à main ou dans les filatures à coton. Son terrain est très accidenté et donne des productions variées.
Cette commune comprend une superficie d’environ 750 ha qui peuvent être ainsi partagés sous le rapport de la culture :
_ terres labourables : 570 ha
_ prés en herbages : 100 ha
_bois : 40 ha
_ vergers et jardins : 40 ha

Les principaux produits agricoles consistent en blé, seigle, orge, avoine, sarrazin, prairies naturelles et artificielles quelques champs de racines fourragères et de plantes oléagineuses. La culture du chanvre quelque peu étendue est suffisante pour entretenir chaque famille du linge qui lui est nécessaire. Presque tous les terrains sont plantés de pommiers et de poiriers aussi les cidres et les poirés sont-ils un élément de trafic et de prospérité pour le pays, grâce à l’établissement d’une gare de chemin de fer située au bord de la route nationale n° 562 et près du hameau le plus populeux de la commune. Les propriétés sont très morcelées et par conséquent les cultures peu étendues.
Descendons le cours de l’Orne et portons nos regards sur ce qui nous environne; à gauche se déroule le ravissant amphithéâtre des coteaux de Clécy : vers le sud, les bruyères, à l’ouest, le rocher de l’Eminence avec une hauteur de 262 m. Dans la vallée, de riches et belles prairies; au sud le bourg de Clécy.
En face de St Rémy, dans des belles et riches prairies de la vallée, les Sires de Vassy possédaient un domaine auquel étaient attachés des droits féodaux sur une grande partie des terres des habitants de Clécy. Ce domaine est maintenant le Château de la Landelle…
…Le village de la Serverie est situé au pied de rochers abrupts, hérissés de pics menaçants, bordés d’abîmes et chargés de mousse, de bruyères, de ronces, de joncs marins ou de moissons brûlées qui ne font qu’ajouter à sa sauvagerie. Plusieurs d’entre eux représentent des colonnes élevées de plus de 100 m au dessus de la rivière, ce sont des blocs de pierre superposés; on dirait prêts à se précipiter sur le spectateur qui les contemple. La compagnie du chemin de fer, pour prévenir les accidents a cru devoir en renverser quelques-uns et c’étaient les plus beaux. Là se trouve encore le rocher connu sous le nom de Pain de Sucre ou Roche aux Corbeaux, parce que chaque année, un ou deux couples venaient bâtir leurs nids toujours dans le même creux, et ils repartaient vers la fin de septembre. On les trouvait beaucoup plus gros que les autres, ils avaient un roucoulement semblable à celui du pigeon ramier et quand on pouvait les prendre tout petits, on les faisait aisément répéter les mots qu’on leur apprenait. Ils paraissent avoir quitté la contrée depuis vingt ans.
En côtoyant toujours le cours de l’Orne, on passe non loin du plateau sur lequel s’élève une église du XIIème siècle auprès de laquelle est planté un if, le plus beau de la contrée. Cette église n’a de remarquable que cette date…
En continuant sa course, on passe non loin du pont de la Landelle et d’une magnifique filature à coton et on arrive au village de la Bourriennière où est établie la station du chemin de fer. On a retrouvé dans cet endroit des débris de constructions romaines.
De ce point on aperçoit à une distance d’environ 600 m, deux monticules appelés, l’un Mont des Vêpres, l’autre Beaumont, séparés par une gorge étroite. Dans ce dernier s’ouvrent des cavernes profondes dont on ne paraît pas connaître les extrémités. Elles ont un nom propre à faire naître l’émotion : Fosses d’Enfer. Leur étendue précise n’a pas encore été déterminée. Y pénétrer sans guide serait imprudent. C’est tout un dédale aux mille circuits. Que ne dit-on pas. On n’aurait jamais vu reparaître des curieux qui s’étaient engagés seuls dans ce labyrinthe, de faux monnayeurs y auraient exercé leur industrie illicite; des canards portant au cou des rubans et lancés dans quelques unes de ces excavations ont été retrouvés le lendemain dans l’Orne au Pont de Vaucelles.
Ces deux monticules ne vont pas manquer de donner naissance à une nouvelle industrie; déjà une vingtaine d’ouvriers travaillent depuis un an à faire des recherches de minerai de fer; les résultats obtenus dépasseront toutes les espérances sous le rapport de la quantité. Il y a des couches d’une épaisseur énorme, ramifiées par de nombreux filons séparés par un schiste ardoisier ou par des bancs de grès très durs propre à la construction. Presque tout le minerai est composé d’hématite et d’olégiste donnant de 40 à 50% de fer et il est à remarquer que toutes les couches vont du nord-est au sud-est en suivantune pente d’environ 45°. Nul doute que la concession accordée à Mr Henri de Croisilles ne donne une très grande extension à l’extraction du minerai et naissance à la construction de hauts fourneaux…
Déjà dans un temps reculé, il y avait eu des forges à bras sur la commune de la Mousse réunie par Ordonnance Royale du 27 septembre 1827 à celle de St Rémy. Les excavations profondes qui se trouvent dans les deux monticules nommés plus haut et les scories que l’on rencontre en grande quantité sur le territoire de la Mousse prouvent certainement que de grosses forges y ont existé. Plus tard, elles ont été établies à Danvou probablement lorsque les bois nécessaires à leur alimentation furent épuisés dans la commune de St Rémy et les environs; c’est alors que l’on y transporta à dos de cheval le minerai provenant des carrières de St Rémy. Ce qui est certain, c’est qu’en 1650 le minerai de fer était déjà exploité, car on voit dans les archives de la commune qu’un Sieur Jacques de Croisilles, Sieur des Minières, fit don à Louise de Tournebu, femme de Robert de Croisilles d’une pièce de terre le Court-Champ, où existaient des Minières; il est donc incontestable que l’extraction et la fonte du minerai remonte à une époque fort reculée. Il existe encore sur le ruisseau de la Planche au Bout une pièce de terre nommé la Fonderie où il y avait un établissement destiné à fondre le fer. De nombreux vestiges ont été retrouvés et à quelques centaines de mètres en amont, on voit encore des bourrelets de terrain qui servaient à faire une retenue d’eau nécessaire à la marche de cet établissement.

Monographie communale rédigée par un instituteur de St Rémy à la fin du XIXème siècle.

LES CHOUANS A SAINT REMY

 LES CHOUANS A SAINT REMY

En l’An V, l’agent municipal de Saint Rémy sur Orne, Pierre Huart, demeurant dans cette commune, au village des Bassets. Le 9 mars 1797, à une heure du matin, six ou sept brigands, vêtus en soldats et bien armés arrivent auprès de sa maison. Ils crient à plusieurs reprises : « Sacré bougre de Huart, ouvre ta porte». Il se lève et après avoir regardé par la croisée, il répond qu’il n’ouvrira pas. Les brigands crient de nouveau : «Ouvre ta porte, on ne te fera pas de mal». Pas de réponse, alors le malheureux voit que les assaillants prennent une pièce de bois de cinq pieds de long. Bientôt, la première porte est enfoncée et, comme le dit le procès -verbal, ils montent «amont»l’escalier. Arrivés devant la chambre, ils crient : «De la chandelle, sacré bougre» et se servent de nouveau de la poutre. Là-dessus, Huard se saisit de ses armes, il fait passer le canon par une petite visière donnant dans l’escalier, mais, il n’a pas de chance, son fusil rate plusieurs fois. Alors il tire avec ses pistolets : au second coup, un chouan tombe blessé. Les autres effrayés descendent et vont demander à boire chez un voisin, puis deux d’entre eux reviennent avec un tison enflammé, gros comme le bras, et vont mettre le feu à un appentis derrière la maison en criant : «Il va bien être obligé de sortir, le sale bougre».
Cette fois, les voisins arrivent pour porter secours et les malfaiteurs prennent la fuite. Huart peut enfin descendre avec sa femme, sa fille et sa servante, mais c’est pour voir sa maison bientôt réduite en cendres.
Un des assaillants n’avait pas été manqué, il était resté sur le carreau. Quand le médecin, Jean-Jacques Bottet, vint visiter le cadavre, on trouva sur lui, dans un portefeuille, une pièce qui permit de connaître son état civil. C’était la soumission aux lois d’un tisserand de Flers, âgé alors de 18 ans et demi, nommé Pierre Dupont. Le 22 Messidor An IV, il avait remis ses armes à Briouze (Orne), mais, comme on le voit, il trouva le moyen de s’en procurer d’autres dont l’usage devait lui être funeste.


A TRAVERS LE PASSE DU CALVADOS. G. LESAGE. 1936. BIGOT LIBRAIRIE. CAEN.

DES FERONS AUX GUEULES ROUGES

 DES FERONS AUX GUEULES ROUGES

L’exploitation du site minier de St Rémy commence dès l’Antiquité. Un filon affleurant fournit les Romains en minerai de fer. Au XIVème siècle, les «Fosses d’Enfer» initialement dénommées «Fosses de Fer» sont de nouveau exploitées. On extrait le minerai par des galeries à flanc de coteau. Celles-ci atteignent parfois trente mètres. A la fin du XVIème siècle, les férons abandonnent la «minière de Beaumont», nom cadastral du lieu. A la fin du XIXème siècle à l’initiative du Sieur Henri de Croisilles, châtelain du village, l’exploitation reprend. Durant près d’un siècle le bassin minier connaît une exploitation industrielle. Des générations d’hommes des profondeurs s’affairent pendant toute une vie pour remonter des entrailles de la terre, le précieux minerai. Des milliers de tonnes sont extraites jusqu’à l’épuisement en 1966. En 1968, l’ère de la mine s’achève. Il ne subsiste plus que le souvenir de l’empire du fer de la famille de Croisilles.




LES RUES DE ST REMY

 

LES RUES DE ST REMY


RUE BEAUMONT : Le beau mont

RUE DE LA CANEE : En patois normand, ce mot désigne un banc. Jadis, il est fort probable qu’il y eut un banc pour se reposer ou admirer le paysage.

RUE DES ECOLES

CHEMIN DE L’EGLISE

PLACE DE LA GARE


RUE DE LA HERSERIE

RUE LAUNAY

RUE AUX LIEVRES


RUE DE MONTS VEPRES : Vêpres vient du latin ecclésiastique vesperae, pluriel vespera (soir). La forme pluriel restée en usage appartient au vocabulaire de L’Eglise.
RUE DE LA POSTE

 
RUE DE LA POUDRIERE : magasin à explosifs

RUE DU QUESNAY : forme normande de chêne, chênaie

RUE RAPILLIERE

RUE SOUS LIAU

RUE DU BICENTENAIRE : 1789-1989

RUE DE L’EGLISE


LES SECRETS DES LIEUX-DITS N°2

 


LES FOSSES D’ENFER :
Déformation de Fosse de fer. Fosse vient de fossa qui a pour signification vallon, creux. Cette dénomination est fréquente dans la région (La Fosse à Cahan, La Fosse Arthur à St Georges de Rouelley).
LA LANDELLE :
Endroit où poussent des ajoncs, des genêts et des bruyères.

LAUNAY :
Nom de hameaux très répandu en pays d’Oil. (Variante L’Aunaie).
Il vient du latin alnus et devient en français aulne, arbre qui croît dans les lieux humides
LA MOUSSE : vient du francique (langue germanique) des Francs) mos. Il a donné par emploi métaphorique le sens d’écume. La dénomination de cet endroit vient du fait que l’Orne écumait au niveau du gué qui se situait à l’emplacement actuelle du Pont de la Mousse.

LE NID DE CHIEN :
Jadis, des chiens sauvages avaient cet endroit pour repaire. Dénomination assez fréquente dans le Calvados, l’Eure et la Seine-Maritime (Nid de Loups, Nicorbin)

LES RIVIERES :
Hameau situé au niveau du confluent du Ruisseau de la Planche du Bout et de l’Orne.

LE SOULIAU :
sous l’eau

L’USINE :
L’installation de la filature Froger au XIXè est à l'origine de la dénomination.

LA VALLEE : Vient de val (du latin Vallis) Vallée est un mot dérivé.

LES SECRETS DES LIEUX-DITS N°1

 LE BOSQ BLANCHARD :

Bosq vient du germanique bosk (ancien français bosc) signifie bois. Blanchard : patronyme d’origine germanique (blanc-hard)

LE CHEMIN DU 45 :
Ancien niveau d’exploitation. Le niveau zéro était le carreau de la mine.
LA BOURRIENNIERE, LA GENNIERE, LA HERSERIE, LA MAROISIERE, , LA MEHEUDIERE, LA MULLOISIERE, LA PIVENTIERE, LA RAPILLIERE, LA SERVERIE :
Les noms de lieux se terminant par «ière» ou «erie» reposent sur un nom de famille. Ces suffixes ont valeur dite de propriété. La présence d’une famille en un lieu finit par lui donner la propriété de l’endroit.
Exemples :
La Herserie : vient du patronyme Herse qui signifie marchand ou possesseur de herses.
La Méheudière : vient du patronyme Méheut ancienne forme populaire de Mathilde.
La Maroisière : vient du patronyme Marois variante régionale de Marais.
La Serverie : Serve patronyme qui vient du latin silva qui signifie forêt

Une bourgade du bocage normand

 Cette petite localité rurale du Bocage Normand est située à 35 kilomètres au Sud de Caen, la capitale régionale. Elle est formée d’un bourg linéaire et fort étiré, né du développement de l’exploitation minière et d’un agrégat de hameaux. Il est à noter que le lieu-dit «La Mousse» était à l’origine une commune. Elle fut rattachée à St Rémy en 1827. Actuellement, St Rémy compte 1073 âmes.

Depuis 1786, cette commune est traversée par l’axe routier Caen-Flers. Iniatialement «Route Royale», il est devenu «Route Impériale» et aujourd’hui, «Route Départementale».
Présentement, quatre entreprises sont implantées à St Rémy :
ERCE OUEST (plasturgie. 30 employés)
SOCIETE METALLURGIQUE DU VAL D’ORNE (30 ouvriers)
COTOMED (fabrication d’articles en coton. 38 employés)
DUBOURG (traitement de surface, sablage. 12 salariés)
Enfin, au sein de la communauté de communes de la Suisse Normande St Rémy représente maintenant 31% des emplois salariés privés.

Hello St Rémy

 

Passé minier
Avenant petit bourg sur la rive droite de l’Orne, St Rémy est depuis des siècles une étape sur l’axe Caen-Flers de l’Orne. Aujourd’hui, cette « forteresse ouvrière » est devenue un petit centre industriel où flotte toujours le souvenir de son passé d’Eldorado minier.

SAINT REMY EN SOL MINEUR

 Je dédicace ce site web

A tous ceux qui se retrouvent sur le carreau.
Aux licenciés
Aux débauchés
Aux délocalisés
Aux remerciés
Aux restructurés
Aux fusionnés
Aux mondialisés…


A tous ceux qui souffrent d’une maladie professionnelle.
Aux silicosés
Aux asbestosés
Aux sidérosés
Aux pneumoconiosés
Aux dermatosés…